détachés du monde

légers sur un lit de brume

sommets enneigés

 

 

jusque dans les flaques

les nuages froids de l'aube

mais les amandiers

 

 

le long des collines

se rejoignent ici et là

les brumes et fumées

 

 

matin de givre

dans leur ronde pour grapiller

ah ! ces mésanges

 

 

un bleu de glace

en un léger tremblement

tout le ciel d'hiver

 

 

dans l'éclatement

du mauve des romarins

les jeunes abeilles

 

 

ce soir au couchant

comme arrêter par la ciel

le rose des neiges

 

 

le soleil brouillé

en catimini la pluie

pas même invitée

 

 

déjà éclatés

les bourgeons de l'amandier

l'hiver disparaît

les mois

 

 

 

 

au creux de janvier

la mère et ses marcassins

simples à l'orée


 

 

 

 

le cri de la pie

brisé sur un ciel trop bas

mais les amandiers


 

 

 

 

le chant des crapauds

couvre la pleine lune

et la mer aussi


 

 

 

 

lilas transformé

en un arbre aux papillons

la douceur d'avril


 

 

 

 

la torpeur de mai

mais en toute éternité

les hirondelles


 

 

 

 

au coeur de l'été

les cigales étouffantes

la torpeur de juin


 

 

 

 

le cercle des chênes

tout le jour le sombre de l'ombre

les cigales un peu


 

 

 

 

ensemble au jardin

rouge-gorge et laurier blanc

à se regarder


 

 

 

 

l'automne à ses dons

en gravissant le sentier

les derniers crocus


 

 

 

 

romarins en fleur

et dans l'ombre de l'ombre

le rouge-gorge


 

 

 

 

le vent a laissé

pour faire partir le feu

assez de petit bois


 

 

 

 

le matin se noie

en longs lambeaux de brume

un vol d'étourneaux